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Johan Van Mullem : « Nous avons besoin de lumière. »

L’artiste bruxellois né en 1959 expose aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique des œuvres lumineuses et incarnées, parmi les salles dédiées aux Rubens et aux Brueghel.


Johan Van Mullem, Bucolic II (2021) © Photo : Henri Weyrich.

Quelle est la genèse des œuvres présentées dans l’exposition For Love’s S(n)ake ?


Avant la pandémie de covid-19, je dessinais et sculptais principalement des visages, dans une démarche introspective. Il ne s’agissait pas de portraits, mais de visages imaginaires, à la limite de l’abstrait.


Quand a eu lieu le confinement, j’ai tourné mon intérêt vers l’extérieur. J’ai commencé à observer le végétal, les arbres, les branches, les fleurs. J’ai commencé à peindre des paysages abstraits et colorés.


Comment avez-vous choisi vos matériaux ?


Ça s’est fait un peu par accident. Dans les années 80, je dessinais au crayon et à l’encre de Chine. Mon rêve était de peindre, mais ça me paraissait inaccessible.


Quand j’ai finalement commencé à peindre, j’avais seulement des tubes d’encre de gravure dans mon atelier. Je suis un amoureux du papier, et je trouvais cohérent de peindre à l’encre d’impression. J’utilise comme support une toile très lisse qui s’appelle « peau de bébé », qui a presque les mêmes propriétés que le papier.


Une des magies de l’encre est que si l’on prend plusieurs couleurs en même temps, et qu’on les pose d’une certaine manière, toutes les couleurs restent sur la toile, elles ne se mélangent pas. Cela donne une profondeur et une lumière incroyable.


Quels sont vos gestes et procédés de création ?


Mon travail est fondamentalement instinctif. Quelque chose doit jaillir. J’ai parfois le sentiment que la toile est finie avant de la commencer, et alors ça peut aller très vite. Elle existe déjà, il faut juste prendre le temps de la faire. Lorsque je travaille sur toile, je peux retravailler, alors que sur carton il faut terminer rapidement, car les couleurs sèchent.


J’ai commencé par peindre avec une couleur, puis deux, puis trois. Il y a un véritable apprentissage des couleurs. Chaque couleur a sa spécificité, sa texture, ses réactions avec les autres.


Le rapport à la nature est-il au cœur de votre travail abstrait ?


Plus généralement, je pense que mon travail se rapporte au thème de la vie. Au sens de l’existence humaine, mais aussi de la vie sur Terre. La Terre souffre, autant que l’être humain. Ils se font souffrir l’un l’autre. Mais il y a toujours une solution, une adaptation.


J’atteins la nature par le prisme de l’émotion. Je ressens une émotion, que je restitue par la toile. Je travaille à partir de ce que je ressens, et je pense que les spectateurs perçoivent le même univers. Je ne produis pas une représentation de quelque chose qu’ils doivent comprendre, mais je peins quelque chose à ressentir.


Je constate que cela leur fait du bien. Certains me disent que ça soigne l’âme, et leur donne de l’énergie. Ils entrent dans la salle et sont attirés par la lumière. Nous avons besoin de lumière.


Instagram : @johanvanmullem

Exposition prolongée jusqu’au 23 août. Site de l’exposition.

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